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Publié le 03/09/2014

Exclusif ! Interview du Dr Patrice Vivin (CHRU de Nancy)

Depuis le 1er juillet 2014, le service d’anesthésie du site de Brabois assure des téléconsultations avec l’Unité sanitaire de la prison de Nancy-Maxéville, et ce de manière systématique. Rencontre avec le Dr Vivin, qui nous en dit un peu plus sur ce projet...

Quelle est l’origine du projet ?
Le Dr Mathias Poussel, coordonateur médical à la Commission d’Information Médicale du CHRU de Nancy a contacté il y a quelques mois le Pr Claude Meistelman, chef du service Anesthésie-Réanimation à Brabois, afin de l’inciter à développer la télémédecine, comme le fait déjà le Pr Hervé Bouaziz au service d’Anesthésie de l’Hôpital Central. C’est ensemble, et en collaboration avec Corinne Roldo, directrice adjointe, référente des projets télémédecine au CHRU, qu’ils ont décidé de lancer des téléconsultations pré-anesthésiques avec la prison de Nancy-Maxéville. Par goût pour l’informatique, je me suis porté volontaire pour soutenir ce projet.


Parlez-nous un peu de ce projet…
Depuis le 1er juillet 2014, le service d’anesthésie du site de Brabois assure des téléconsultations avec l’Unité sanitaire de la prison de Nancy-Maxéville, et ce de manière systématique, un mardi après-midi par mois.
Pour rappel, la loi impose une consultation pré-anesthésique à tout patient, plus de deux jours avant son opération. Elle peut s’effectuer à distance, ou non. A Brabois, le service d’anesthésie gère essentiellement les consultations dans les spécialités suivantes : pathologies vasculaires, urologie, digestif, ORL, ophtalmologie, endoscopie digestive. Les patients détenus à la prison de Nancy, s’ils subissent prochainement une opération, doivent également bénéficier d’une consultation pré-anesthésique. C’est ainsi que, depuis juillet, j’ai déjà pris en charge 8 patients en téléconsultation pré-anesthésique, lors de deux sessions. Trois autres médecins du service d’Anesthésie sont capables d’assurer ces téléconsultations : Pr Thomas Fuchs-Buder, Dr Denis Schmartz et Dr Rahim Abid.

Concrètement, comment se déroule une téléconsultation Odys ?
Le patient n’est plus conduit dans les locaux du CHRU, mais à l’Unité sanitaire de la prison, une unité de consultation et de soins ambulatoires située dans l’établissement pénitentiaire. Il est placé face à un chariot de télémédecine, où un écran lui permet de visualiser en temps réel  le médecin expert. Le patient n’est jamais seul.

Dans l’Unité sanitaire, l’infirmier ou le cadre de santé (souvent Denis Titah, ndlr) se charge d’ouvrir le dossier Odys sur informatique. Il peut y saisir quelques renseignements administratifs, ce qui me facilite la saisie future du dossier. C’est à lui que revient également la tâche de prendre les constantes physiologiques du patient : poids, taille, tension artérielle, fréquence cardiaque, saturation en oxygène… Il réalise aussi quelques mesures anthropométriques.
A ses côtés, le médecin assure un examen clinique. Il me délivre des renseignements médicaux présents sur le dossier papier du patient, précise son traitement, etc.

Quant à moi, j’effectue ma consultation pré-anesthésique de façon standard : par le biais de questions-réponses avec le patient, je collecte des renseignements et les enregistre sur le dossier informatisé Odys. C’est pour cette raison que mon poste informatique Odys comporte un double-écrans : d’un côté, je vois en direct le patient, par un système de caméra haute définition. De l’autre côté, je visualise le dossier du patient, que je complète au fil de l’eau. Les saisies d'informations patient et des renseignements cliniques se feront directement par le DPI DxCare dès qu'il sera mis en place dans notre service, en fin d’année.
Le logiciel est très simple d’utilisation. Mais ce qui est encore plus appréciable, c’est la qualité de la technique : la vidéo et le son sont excellents.
Puis, comme lors d’une consultation pré-anesthésique « en face à face », je décide de la technique d’anesthésie à utiliser, des examens complémentaires éventuels à réaliser, du lieu où sera accueilli le patient à son réveil… et je l’informe des risques liés à l’anesthésie.


Téléconsultations en milieu pénitentiaire : y a-t-il des différences avec des consultations « standards » ?
La principale différence est l’interdiction formelle de parler de la date de l’intervention. Pour des raisons de sécurité, le patient détenu ne peut connaître en amont la date à laquelle il sera opéré. Sinon, je dirais qu’i
l y a peu de différences avec une consultation standard, si ce n’est le petit manque d’appréciation physique, en l’absence d’un véritable rendez-vous en « face à face ». Mais dans la grande majorité des cas, l’entretien via Odys me permet tout à fait d’appréhender les ressentis des patients.


Quels avantages à assurer des téléconsultations Odys ?
Le premier gain est clairement psychologique : Odys évite à ces patients un préjudice moral fort. Il  est
difficile pour une personne détenue de se montrer entravée en public. En restant dans les locaux du centre pénitentiaire, la consultation se passe généralement sans heurt psychologique.
Les personnes détenues ne sont jamais averties des dates d’extractions prévues. Si une visite de leur entourage était prévue ce jour-là, il est rare que le patient renonce à sa visite pour être conduit à l’hôpital. Ainsi, de nombreuses extractions prévues étaient finalement annulées.
Mais les gains sont aussi financiers : une extraction de patient détenu vers un hôpital coûte entre 700 et 800€. Les téléconsultations Odys représente une importante somme d’argent économisé par le centre pénitentiaire.

A noter aussi que l’administration pénitentiaire n’a droit qu’à un nombre limité d’extractions par jour. En réduisant le nombre d’extractions pour des consultations pré-anesthésiques, Odys permet à l’administration pénitentiaire de libérer des créneaux d’extractions pour d’autres besoins, d’autres trajets.


D’autres projets à venir ?
Oui, d’ici quelques semaines, nous allons certainement débuter des téléconsultations d’anesthésie avec des patients accueillis au Centre Psychothérapique de Nancy à Laxou et avec des structures de l’AEIM (Adultes et enfants inadaptés mentaux).  Mettre en place des téléconsultations pré-anesthésiques pour ces deux structures permet d’éviter aux patients fragiles psychologiquement ou souffrant d’un lourd handicap un déplacement vers l’hôpital, conduisant très souvent à un traumatisme, à une obligation d’être accompagné physiquement par des soignants. Cela permet ainsi des consultations depuis leur structure d’accueil.

Sources photographiques : Ségolène Brullot, Télésanté Lorraine

 

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